Le Syndrome de Munchausen par Procuration : Une Pathologie Rare et Dangereuse

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Le Syndrome de Munchausen par Procuration : Une Pathologie Rare et Dangereuse

Parmi les maladies psychiques, certaines sont fréquentes, d’autres rares, et certaines extrêmement rares. C’est ce que l’on appelle la prévalence d’une maladie, qui représente le nombre de personnes atteintes à un instant donné. Aujourd’hui, nous allons aborder une psychopathologie heureusement très rare : le syndrome de Munchausen par procuration, ou trouble factice imposé à autrui.

Qu’est-ce que le Syndrome de Munchausen par Procuration ?

Avant d’aborder ce trouble, il est important de comprendre ce qu’est le syndrome de Munchausen. Décrit pour la première fois par Richard Asher en 1951, il s’agit d’une maladie psychique dans laquelle un individu simule une maladie ou des symptômes afin d’attirer l’attention ou d’obtenir des bénéfices secondaires. Selon la classification internationale des maladies, il se caractérise par une production intentionnelle ou une simulation de symptômes, qu’ils soient physiques ou psychologiques.

C’est en 1977 que le pédiatre anglais Roy Meadow a décrit le syndrome de Munchausen par procuration. Dans ce cas, une personne, généralement un aidant (souvent un parent), falsifie ou provoque intentionnellement des symptômes chez un enfant. Elle peut administrer des substances nocives, altérer des analyses médicales (ajout de sang dans les urines, contamination du lait), ou simplement simuler une maladie. L’aidant cherche alors une assistance médicale pour l’enfant et adopte une posture protectrice.

Les enfants victimes de ce syndrome sont souvent hospitalisés fréquemment pour des symptômes non spécifiques et sans diagnostic clair. Malheureusement, ces enfants peuvent tomber gravement malades, voire décéder. Les études épidémiologiques estiment que la prévalence de cette maltraitance est inférieure à 0,003 % chez les moins de 16 ans, avec un âge moyen des victimes situé entre 20 et 40 mois.

Comment Reconnaître un Syndrome de Munchausen par Procuration ?

Certains signes doivent alerter les professionnels de santé :

  • Une maladie prolongée de manière inexpliquée.
  • Des symptômes inhabituels ou incohérents.
  • Des signes qui apparaissent en présence de l’aidant et disparaissent en son absence.
  • Une inefficacité des traitements habituels.
  • Une implication excessive de l’aidant dans le suivi médical.
  • L’éviction de l’autre parent.
  • Des antécédents de décès inexpliqués dans la fratrie.

Ces éléments doivent particulièrement alerter, car un enfant peut être en danger.

Qu’est-ce qu’un Enfant en Danger ?

Selon le Code civil, un enfant est en danger lorsque ses conditions d’éducation ou son développement physique, affectif, psychique et intellectuel sont gravement compromis. Ainsi, un professionnel de santé qui suspecte un syndrome de Munchausen par procuration doit réaliser une information préoccupante ou un signalement au procureur de la République. En institution, ces décisions sont prises de manière collégiale, tandis qu’en libéral, les praticiens doivent souvent agir seuls.

Profil Psychologique des Aidants Atteints

Le syndrome de Munchausen par procuration n’est pas encore parfaitement défini sur le plan psychopathologique, mais plusieurs caractéristiques se retrouvent dans la littérature :

  • Une apparence de bienveillance et de dévouement envers l’enfant.
  • Une grande connaissance des pathologies médicales.
  • Une omniprésence et une emprise sur l’enfant, excluant les autres proches.
  • Des traits narcissiques, avec une valorisation de leur image sociale en tant qu’aidant.
  • Des liens avec des traumatismes transgénérationnels.
  • Parfois, une comorbidité avec des troubles psychiatriques (psychose, trouble anxieux, trouble dépressif, trouble de la personnalité).
  • Des antécédents de négligence ou de violence dans l’enfance.

Un Diagnostic Difficile et un Signalement Crucial

Le syndrome de Munchausen par procuration est difficile à diagnostiquer, car il repose sur un faisceau de présomptions. Souvent, ce sont les équipes institutionnelles qui parviennent à le détecter, mais malheureusement, cela signifie que la maltraitance a déjà duré un certain temps.

Le plus grand danger face à cette psychopathologie est le silence. Que l’on soit proche, professionnel de santé libéral ou hospitalier, il est essentiel de partager ses doutes avec des collègues pour objectiver la situation et agir rapidement si nécessaire.

Si cet article vous a appris quelque chose, n’hésitez pas à le partager et à sensibiliser votre entourage sur cette pathologie rare mais aux conséquences dramatiques.



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Un excellent guide pour comprendre et prendre en charge ce trouble :

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